La nouvelle année est déjà bien entamée et la période des vœux touche à sa fin. C’est le moment pour les éternels retardataires comme moi de se saisir de cette fameuse règle tacite qui admet volontiers que l’on puisse souhaiter la bonne année jusqu’au 31 janvier. Pratique !

J’en profite donc pour souhaiter à chacun d’entre vous une très bonne année 2018, riche en expériences enrichissantes et en projets entreprenants.

Mais je saisi ce moment pour lancer un rapide regard dans le rétroviseur photographique de mon année 2017 pour en partager quelques extraits. Par la même occasion je cède à la facilité des articles à liste pour dresser un rapide top de mes cinq photos préférées de l’année.

Je n’ai pas forcément choisi ces photos pour leur qualité visuelle ou leur portée artistique, mais pour les souvenirs qu’elles évoquent en moi. A l’exception de la photo numéro 1, elles sont classées par ordre chronologique.

#5

Ma femme et moi aimons ponctuer notre vie de couple de petits rituels. Nous en avons plusieurs mais il y en a un que j’aime particulièrement. Chaque fois que nous passons quelques jours sur la côte, nous mettons une soirée à part pour commander une pizza à emporter et la savourer sur la plage au coucher du soleil. Cette fois-ci nous étions à Ploumanac’h, sur la Côte de granite rose, pour savourer ce plaisir simple et suspendu dans le temps.

#4

Cette photo me sert de leçon. Je l’ai prise lors du contest de BMX dirt lors du NL Contest, le festival de culture urbaine de Strasbourg. J’avais le privilège d’avoir une accréditation me permettant de poser mon sac photo où bon semblait. Une fois chez moi, c’est en déchargeant les photos sur mon ordinateur que j’ai constaté la chose : l’omniprésence du fish-eye. Si cet objectif et son effet exagérant sont emblématiques de la photo d’action, j’avais l’impression de céder trop vite à sa facilité de cadrage.

Ne me méprenez pas, j’aime cette photo et la manière dont le rider est placé dans un contexte global : son trick, sa hauteur, la réception monumentale et les regards du public. Mais à l’avenir je me mettrais au défi d’explorer d’autres manières que le fish-eye pour sublimer les performances d’un athlète.

#3

En vacances au Pays-Basque, des conditions de surf plutôt moyenne (et une crève) m’avaient retenu sur le sable. La marée était suffisamment basse pour que l’on puisse s’aventurer sur une petite jetée qui borde la plage et celle-ci offrait un point de vue inédit sur le plan d’eau, à la même hauteur que les surfers. J’avais repéré l’immense ressac formé par certaines séries de vagues s’abattant sur ce rocher et j’espérais qu’un surfeur s’élance sur l’une d’elles. Mon angle de vue devait le placer dans l’alignement du nuage d’écume… Une synchronisation qui aurait pu ne jamais se produire. Après de longues minutes d’attente, les rayons du soleil ont percé les nuages et la magie a opéré.

Pour ce surfer inconnu ce n’est certainement pas la vague du siècle, et cette photo est imparfaite. Mais son histoire m’encourage dans ma pratique car si je me considère plutôt patient, la persévérance est une qualité qui me fait parfois défaut.

 #2

J’ai toujours été fasciné par le surf en froide et comment la passion pour les vagues pouvait prendre le dessus sur l’inconfort du froid et la douleur des membres ankylosés. J’ai appris le surf dans les eaux tempérées du Golfe de Gascogne mais à Noël, j’ai eu l’occasion d’enfiler ma combinaison néoprène sur une plage bretonne. Température de l’air : 6°C. Température de l’eau : 11°C. Pour les surfeurs scandinaves ce sont probablement des conditions agréables. Pour moi, surfeur débutant, c’était surtout l’occasion de travailler mon apnée en laissant passer les séries au-dessus de ma tête, et d’expérimenter la fameuse “barre au front”. Finalement, je suis sorti au bout d’une heure, d’avantage découragé par la conditions des vagues que par le froid.

Comme à mon habitude, c’est une fois sorti de l’eau que la houle est devenue plus régulière. Mais, le soleil ayant aussi fait son apparition, j’ai pu profiter des couleurs de l’hiver breton et immortaliser mon grand frère, lessivé par sa session.

#1

En juin j’ai eu l’immense privilège de partir en voyage au Myanmar, ce pays lointain et plus connu en France sous le nom de Birmanie.

Le dernier jour de mon voyage, alors que je parcourais les allées d’un marché de Rangoon à la recherche de quelques souvenirs, j’ai pris cette photo qui est instantanément devenue l’une de mes préférées. Ces jeunes nonnes bouddhistes (car ce sont des filles) parcouraient les allées du marché en faisant la quête auprès des commerçants. Inlassablement, d’une petite voix fluette et tremblotante, elles récitent des vœux et des appels à faire un don pour leur communauté. J’aimerais que puissiez entendre ce chant presque strident qu’elles répètent encore et encore et que même le brouhaha du marché n’arrive pas à couvrir.
Chaque fois que je regarde cette photo, je revois cette enfant me regarder droit dans les yeux et, tout au fond de moi, j’entends leur voix résonner dans mes pensées.

J’espère vous avoir permis de vous évader quelques instants, le temps de la lecture de cet article. N’hésitez pas à me laisser vos impressions dans les commentaires et à partager l’article autour de vous. Pour ma part, cet exercice m’encourage a persévérer dans la photo et surtout à continuer à me servir de ce medium pour illustrer les histoires que j’aime à raconter.